Diabète de type 2 : et si la vitamine D freinait sa progression ?

Depuis plusieurs années, plusieurs études internationales tentent de déterminer dans quelles mesures une supplémentation en vitamine D pourrait faire retarder la survenue ou l’évolution du diabète de type 2. Récemment, des chercheurs québécois ont montré que cette vitamine pouvait ralentir la progression de la maladie chez les patients diagnostiqués avec un prédiabète ou un diabète de type 2 débutant.

Ce que l’on sait sur les liens entre diabète de type 2 et vitamine D

Dans de nombreuses études internationales ont montré qu’une carence en vitamine D, ou calciférol, était associé à un risque élevé de développer une résistance à l’insuline (hormone hypoglycécmiante) et un diabète de type 2.

À savoir ! Le diabète de type 2 ou diabète non insulinodépendant est caractérisé par une hypoglycémie (baisse du taux de glucose dans le sang) chronique, car les cellules du corps deviennent moins sensibles à l’insuline. L’insuline ne contrôle plus la glycémie (taux de sucre dans le sang) de manière aussi efficace. Chez les individus obèses ou présentant un diabète de type 2, on observe une diminution importante des effets de l’insuline au niveau de ses tissus cibles que sont les muscles, le tissu adipeux et le foie. Les mécanismes cellulaires et moléculaires responsables de cette résistance restent l’objet d’une recherche intense.

Même si cette découverte du lien entre vitamine D et régulation de la glycémie a fait l’objet de nombreux espoirs, les essais sur des personnes atteintes d’un diabète de type 2 depuis plusieurs années n’ont pas encore été probants.

En effet, de nombreuses études cliniques avec une supplémentation en vitamine D sur une population atteinte de diabète de type 2 confirmé ont montré des effets inconstants sur les mécanismes cellulaires et biochimiques impliqués dans la régulation de la glycémie (sensibilité des cellules à l’insuline, sécrétion d’insuline et fonction des cellules  du pancréas par exemple).

À savoir ! Les cellules bêta pancréatiques, retrouvées dans des formations multicellulaires nommées îlots de Langerhans, sécrètent l’insuline.

Ces variations de résultats pourraient être expliquées par de nombreux facteurs comme :

  • L’origine ethnique et géographique des populations, la petite taille des échantillons de participants aux essais cliniques ;
  • Le niveau de tolérance au glucose des participants et leur statut sérique initial en vitamine D ;
  • Les différentes méthodes de dosage de la vitamine D ;
  • La durée de l’essai clinique avec la supplémentation en vitamine D.

Des résultats prometteurs sur des patients au stade précoce de la maladie

Pour réaliser cette nouvelle étude parue dans la revue European Journal of Endocrinology, les chercheurs de l’université de Laval ont examiné l’impact de la supplémentation en vitamine D3 (5000 UI par jour, soit 5 à 10 fois la dose journalière recommandée) sur le métabolisme du glucose de 96 patients diagnostiqués récemment avec un diabète de type 2 ou considérés comme ayant un risque élevé de développer la maladie.

À savoir ! La vitamine D peut avoir deux origines : alimentaire (comme les poissons gras tels que le hareng, la sardine, l’anchois) et l’exposition au soleil régulière et modérée, qui permet la synthèse de vitamine D au niveau de la peau.

Pendant les six mois de l’étude sur ces hommes et femmes, âgés en moyenne de 56 ans, les chercheurs ont mesuré, dans le groupe test et le groupe placebo, différentes molécules témoignant de l’action de l’insuline et du métabolisme du glucose.

Résultats ? Cet apport de vitamine D3 sur le long terme a amélioré l’action de l’insuline dans le tissu musculaire et la fonction des cellules bêta. Ces observations sont prometteuses puisqu’elles vont dans le sens d’un ralentissement de la dégradation du métabolisme du glucose.

Cependant, les chercheurs restent prudents et ils ne peuvent pas extrapoler ces résultats pour les individus souffrant d’un diabète de type 2 depuis plusieurs années.

Que reste-t-il à faire pour mieux comprendre le lien entre sensibilité à l’insuline et vitamine D ?

La raison pour laquelle nous avons constaté une amélioration du métabolisme du glucose à la suite d’une supplémentation en vitamine D chez les personnes à risque élevé de diabète ou chez celles qui viennent de recevoir un diagnostic de diabète, alors que d’autres études n’ont pas réussi à démontrer un effet chez les personnes atteintes de diabète de type 2 depuis longtemps n’est pas claire” commente Claudia Gagnon de l’Université de Laval sur le site de Pourquoi Docteur.

Pour les chercheurs québécois, ces premiers résultats sont encourageants et marquent le début de nouvelles investigations.

Il faudra désormais affiner les résultats en identifiant et mesurant les facteurs cliniques et les facteurs génétiques qui peuvent influencer la réponse métabolique à la supplémentation en vitamine D.

Par ailleurs, les chercheurs précisent que des études de suivi plus longues et incluant plus de volontaires sont nécessaires pour évaluer les bénéfices d’une supplémentation en vitamine D sur la prévention et/ou le recul du diabète de type 2.

Source : https://infos-diabete.com / Journaliste : Julie P., Journaliste scientifique

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